C’est la choume, j’imagine, mais je ne connaissais pas. Je viens de découvrir, au hasard du ouèbe, interprété par les Têtes Raides, ce texte qui a pour auteur Stig Dagerman (heureusement Wikipédia a été mon ami). Une vingtaine de minutes pour cette mise en musique de “Notre besoin de consolation est impossible à rassasier”. Et pas grand chose à ajouter. Juste le mettre ici pour le partager avec ceux qui auront le temps d’écouter.
On va nous bassiner avec ça, je le vois venir gros comme un camion. Depuis ce matin tous les sites d’infos nous la font pipole avec les deux morceaux interprétés, avec Dave Stewart, par la miauleuse élyséenne pour l’anniversaire de Nelson Mandela (91 ans et absent car de santé fragile) et sa fondation au Radio City Hall de New York. Sous les yeux de naboleon. Sans parler que l’ex d’Eurythmics pourrait espérer mieux, la Carlita elle fait ce qu’elle veut de ses comptines comme celle qu’elle a chanté.
Par contre savoir qu’elle a repris Blowin’ in the wind cela relève juste d’une ignoble hérésie. Une imposture totale. Alors, et pour rester à New York, voici une des nombreuses versions que l’on peut trouver en ligne, ici au Madison Square Garden, par Bob Dylan. Parce que faut quand même pas déconner merde :
Hadopi façon Star Wars. Voilà ce que ça pourrait donner vu par Klakinoumi. Un détournement anti-Hadopi parce que les sarko siths et le côté obscur ne l’emporteront pas.
En début de crise, on avait retouvé nos vieux classiques. Les Civils avec La crise c’est fantastique, puis Kent et son Partout c’est la merde en fait. Mais il est temps de renouveler la playlist non ? Et justement je tombe sur La France brûle de Marijane Miracle, un duo qui se présente lui même comme électro-déjanté. Musiciens, auteurs-compositeurs, Marie-Anne et Franck Sininstra sont aussi activistes vidéos et réalisent des clips qui accompagnent leurs sets live. On peut en visionner quelques-uns sur leur site (un endroit qui se visite).
Leur titre quelque peu prémonitoire est sur leur premier album. On y trouve aussi des morceaux comme La vie est dure, Le Temps des épidémies ou Je n’irai pas travailler. Joli programme décalé avec des textes à l’humour incisif qui m’évoquent, à tort ou à raison, une lignée Brigitte Fontaine sur fond d’electro qui, si elle peut faire danser, n’en est pas moins tranchante.
Rattrappons notre – oui mon – retard. Ils ont aussi un blog qui annonce l’arrivée d’un nouvel opus pour mai. Intitulé La fin du monde, le duo le présente comme “beaucoup plus groovy que le premier” “Il tient autant de la nouvelle chanson française que du warm up électro. Plus léger, plus absurde mais toujours aussi délicatement corrosif !”
Se retrouver pour partager des fichiers afin de célébrer les vertus du téléchargement et de l’échange culturel, voilà une idée qu’elle est bonne. Et c’est pour aujourd’hui avec ce Download Day, à Lyon donc mais aussi à Marseille, Toulouse et Paris bien sûr. Alors : “Copiez (votre trouvaille faite sur le peer to peer) sur un CD, une clé USB, une carte SD, qu’importe ! Et venez la partager avec tous ceux qui aiment vraiment les artistes et la culture”.
Lundi reprend l’examen par l’Assemblée nationale du projet de loi frappé du sceau de l’infâmie “Création et Internet”, ou Hadopi (Wikipédia est ton ami et résume parfaitement les enjeux du texte), de la ministre Alabanulle rédigé sous la dictée de son Nègre. Et on peut parier que le pouvoir va s’accrocher à toutes forces à son erreur.
Il accumule pourtant les déboires. Bon d’accord, à la demande générale, quelques uns des plus récents, comme ça juste pour se marrer.
- D’abord la claque européenne. Les députés communautaires ont adopté un texte sans ambiguité qui dit que “garantir l’accès de tous les citoyens à internet équivaut à garantir l’accès de tous les citoyens à l’éducation”. Allez, tu repasses quand tu veux, Christine.
- Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls et une belle brochette d’acteurs s’est pronncée contre l’Hadopi : http://www.temps-reels.net/article1850.html Bon tu sors Albanunuche ?
En vrac, ils disent non et expliquent la connerie du bidule : une loi “absurde et liberticide” sur Acrimed, “Hadopi est une bêtise” pour Xavier Niel (patron de Free) et même Google y est opposé explique Numerama. D’ailleurs on voit bien que derrière c’est un monde façon “Matrix qui se profile”.
Même Jacques Attali, ancien sherpa du mitterrandisme converti à tout et son contraire, se faisant chantre du libéralisme au service des puissants, individu que je n’apprécie pas particulièrement (ah bon ?) par ailleurs, s’avère très sévère sur le projet gouvernemental. Et vu qu’il rallie et illustre ce que je pense, pourquoi se priver de l’écouter (sur iPolTV)
T’es encore là toi ? Allez ouste maintenant Albanaze.
- Techniquement, “on” (les spécialistes s’entend) les avait prévenus, c’est du n’importe quoi. Même le très officiel Conseil général des Technologies et de l’Information en est d’accord, relève la Quadrature du net (les quatre gus dans leur garage vous savez). D’ailleurs déjà les moyens de contournement apparaissent via proxy, le développement de solutions de remplacement du P2P par le F2F (avec OneSwarm par exemple), et autres solutions VPN comme IPREDATOR que s’apprête à lancer The Pirate Bay qui garantira l’anonymat (un service payant qui a des airs de licence globale… sans les retombées qu’elle aurait généré). Tends l’autre joue Christine…
On notera au passage que l’identification via IP a bel et bien été retoquée par la Justice, malgré les approximations et mensonges de la ministre lors de la première partie des débats devant le Parlement.
- Reste bien sûr que le travail des artistes doit être rémunéré. Des tas de solutions existent comme les expérimentations de Radiohead ou Nine Inch Nails l’ont démontré. Et les rélexions pointues ne manquent pas comme celle du musicien Philippe Axel qui relève la nécessité de ne pas vouloir nous faire prendre des intérêts industriels pour de la sauvegarde artistique et une nécessité pour la diffusion des oeuvres. Par contre pour certains intermédiaires ça sent la fin. Encore que. Après un rapport néerlandais qui démontrait les effets positifs du “piratage” sur l’économie, il est apparu lors du récent festival d’Austin “South by south west” que le téléchargement (“illégal” car n’oublions pas que le légal existe) peut bénéficier… aux ventes de DVD. Quelqu’un a-t-il vu où est partie Albanone ?
Pour la peine je m’étendrai à peine sur la feuille de chou du sarkozisme et ex journal de référence qui – sur demande duquel de ses puissants commanditaires ? – nous a gratifié d’un glissement particulièrement pitoyable de téléchargement à piraterie, de pirate à voyou et de voyou à terroriste, un faux pas du Monde mis en pièce par ReadWriteWeb.
Mieux vaut saluer l’initiative de Jamendo. La platerforme de téléchargement de musique libre (un demi-million de membres et environ 19 000 albums téléchargeables gratuitement et légalement) propose un “remerciement gradué” qui prend le contrepied d’Hadopi et peut permettre aux meilleurs partageurs de gagner un mois de remboursement de leur abonnement internet.
On ne saurait enfin finir sans un poème que même France Inter a salué. Il est l’oeuvre d’un des pionniers des blogs en France (au temps récent où quand mon ordi buggait je beuglait et appelait aussitôt la maintenance au bord de la crise de nerfs), Vinvin qui développe désormais aux USA son concept Hellotipi de création de site familial privé.
“L’occasion était belle de prendre de l’avance,
De changer la matrice, d’oublier les rancoeurs,
De dessiner ensemble un chemin pour la France,
Partager la culture, lui trouver une valeur”,
écrit-il notamment dans un texte “Hadopi soit qui mal y pense” que l’on peut lire (gratuitement donc ) ici et entendre-voir là.
[MàJ : Malgré l'opposition de l'Europe, la France (ses dirigeants) "est convaincue qu'Hadopi n'a rien à craindre de Bruxelles", estimait samedi 28 mars le site ElectronLibre. Il détaillait la course contre la montre dans laquelle se sont engagés les sarko-sbires et la manière dont ils entndent utiliser la complexité des institutions européennes...]
Avec le black-out contre la politique anti net du pouvoir en place et des lobbies, une chanson pour partir au combat sur Les mots ont un sens. Une lutte de plus à ne pas déserter dans ce sarkoland sinistré.