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Roy Stuat fait dans la photo de cul depuis un bail. Si je n’irai pas jusqu’à le comparer aux post-punkitudes de Richard Kern , il est quand même l’une des références dans son domaine. L’un des plus intéressants, avec une démarche qui se soucie peu des modes visuelles et/ou physiques du moment. Trash sans l’être complètement, il a sans doute, et sans le vouloir,  ouvert la voie au porno chic. En plus d’expos et d’une série d’ouvrages publiés chez Taschen, ce descendant de la contre-culture attiré par la cinéma a livré d’intéressantes vidéos X conçues comme de longs collages hétéroclites de plusieurs heures : la série Glimpse. Réalisées en marge ou lors de ses shootings, elles alternent l’ennuyeux et des moments stupéfiants de mélanges sonores et pornographiques, entre doc et mise en scène de stéréotypes. Il doit encore être possible de les trouver (P2P est ton ami sinon).

En 2008, il a tourné un film légèrement plus conventionnel dans sa structure et sa durée : The Lost Door (voir fiche et synopsis sur Allociné). Celui-ci est désormais dispo en DVD, en voici le trailer:

On peut le commander sur le (superbe) site du film (clic, clic). Et sur celui de Roy Stuart (où on peut retrouver les Glimpse).

PornoGraphics est un studio espagnol de design et une agence spécialisée dans les nouveaux médias. On lui doit ce montage de graphismes produits par le ciné porno et érotique des années 70, époque où je me demandais bien ce que cachait la devanture et les affiches de certains cinémas…

En voilà du cru et du vrai. Même si c’est ceux qui en cause le plus qui en font le moins, il faut bien reconnaître que je suis tombé là sur un poète du porno, un ciseleur de langue pour le cul, un phraseur du X. On s’envole vers des sommets dignes d’un Audiard de la galipette pour une époque où le boulard se voulait encore ciné – sans dire que c’était mieux avant et qu’on ne peut encore trouver dans ce genre quelques réussites et projets dignes d’intérêt (mais oui ma bonne dame).

Mais donc là et en l’occurrence, les comédiens se collaient un sacré taf’ : des pages entières de dialogues à apprendre en plus de l’action proprement dite. Bon Ok, ils étaient tous post-synchronisés mais quand même. Je suis donc tombé sur ce saisissant morceau de verbiage amoureux sur le blog “Fais Tourner” et ça vaut son coup d’oreille.

Allez, monte le son ;-) pour un extrait de Maitresses particulières de Burd Tranbaree (Claude Bernard-Aubert).

Editeur de DVD cultes (Richard Kern il y a quelques mois), Le Chat qui Fume poursuit son travail de redécouverte. De réals de talent. Ou pas. D’auteurs passés en tout cas par pertes et profits du ciné officiel. C’était le cas de Jean-Marie Pallardy. Injuste non ?

C’est donc un vrai travail de restauration qui a été réalisé pour permettre aujourd’hui de redécouvrir  cinq de ses films aux titres qui ne s’inventent pas (enfin si justement) : L’Arrière Train Sifflera 3 FoisL’Amour chez les Poids Lourds, La Donneuse, Dossier Erotique d’un Notaire et Règlements de Femmes à OQ Corral.

Un sacré job de remasterisation raconté ici (avec des extraits :) ):

Quant aux bande-annonces relatives aux notaires et poids lourds (aucun lien a priori), c’est grivois, c’est gaulois et c’est par là. Suivez le guide et poussez pas : http://www.lechatquifume.com/index.php?Les-news

Retours des liens de “Rapido” : à suivre (ou pas) pour s’énerver ou se marrer

- “Tout le monde en prend”. Fakes ou pas ? Ce qui pourrait être le clip (mais c’est pas encore sûr) du prochain single de Lily Allen, Everyone’s At It, n’y va pas avec le dos de la cuillère et invite à bien suivre la ligne blanche. Et vous, vous tournez à quoi pour tenir dans ce merdier ? Démos :

- Internet : pendant que le parlement, le gouvernement et les majors se branlent sur un texte répressif soi-disant pour défendre les artistes… ceux-ci créent. Y compris les conditions possibles d’une économie leur permettant de bouffer de leur art. L’article qu’Albanel et compagnie ne liront pas sur l’adieu de Bloc Party au mourant CD est ici.

- En cherchant bien je dois avoir quelques badges Anarchy, Destroy, de vieilles creepers ou un teddy : rien ne se perd avec l’implacable machine. Reliques punks en vente chez Christie’s : ils auront maybe la dernière seringue de Johnny Thunders.

- Grand patron essaye de se refaire une santé dans industrie du cul. Les prolos écossais de Porno, suite donnée par Irvine Welsh à son mythique Trainspotting ont donné des idées à quelques gros malins du libéralisme qui ont vu dans ses déclinaisons internet et home-movie, eux aussi, les moyens d’arrondir des fins de mois difficiles. Bref, Arnault, Messier, Madelin et les autres font ce qu’ils ont toujours fait pour s’engraisser : vendre le cul des pauvres gens… d’une manière ou d’une autre.

- Tiens on va retrouver Bernard Arnault sur ce lien. Ton patron vient de te refuser une augmentation. Normal: récession,  modération salariale, toussa… Et puis faut bien payer les quelques cadres dirigeants qui sont si utiles :) Sans compter… son propre salaire. 310 fois le Smic mensuel pour les 50 premiers, sans inclure leurs propres actions en bourse. “Vont être contents les pauvres de savoir qu’ils habitent un pays de riches”.

Vous l’avez raté ce dimanche soir ? Rien de grave, il y aura une session de rattrapage. L’Âge d’or du X français sera rediffusé sur Paris Première le 2 octobre à 0h25.

Mais on ne s’emballe pas. Le documentaire réalisé en 2006 par Laurent Préyale et Nicolas Castro est avant tout une relecture humoristique et socio-politique d’une période allant des early 70’s au début des années 80 au travers du prisme du ciné porno hexagonal.

Parce qu’il s’agissait de cinoche (quelques auteurs traditionnels s’y aventurèrent sous pseudo) et de pelloche. Mais aussi parce que le cul était révolutionnaire, contestataire et libertaire.

On y retrouvait des militants du libertinage mais aussi des réalisateurs militants, anars, qui venaient y récolter les subsides nécessaires pour filmer des bandes (oups) plus personnelles (et oui) ou avec la volonté de dynamiter une société bien-pensante et bourgeoise. Et aussi d’habiles producteurs, money-makers à tout prix et le revers de la médaille inhérente au genre. Mais pas autant qu’on le croirait. Et que ne le crurent des Michel Guy (inventeur de la classification X et interrogé pour la télé par… Catherine Salasse – écoutez bien le lancement du sujet) ou un Jack Lang qui s’emploie à rassurer les associations familiales cathos à peine arrivé rue de Valois.

Des nudies grivois aux débuts de la vidéo qui marquera la fin d’un certain artisanat et le début d’une conception plus “industrielle” du marché (ce qui n’empêchera pas quelques perles qui méritent, n’est-ce pas Gaston – cherchez pas).

Et puis toute analyse de côté, on recroise ou évoque dans ce court docu (1 heure) des figures incontournables d’un certain underground.

Liste rapide: José Bénazeraf, l’anarcho-pornocrate précurseur, Jean Rollin, le roi du Z français et de la femme vampire nue, Michel Mischkind, producteur aussi roublard que sympa qui sut bien s’adapter à la ghettoïsation du genre, Jean-François Davy, le réal passé du film d’auteur à Exhibition, le porno qui regarde le porno, Brigitte Lahaie, bien sûr, ou Marilyn Jess, les premières stars, Denise Dubois, célébrée par Patrick Sébastien (celui de la télé) dans un livre narrant ses nuits échangistes, Alban Ceray, Jean-Pierre Armand, les hardeurs qui n’en avaient pas encore le nom, et les réalisateurs Alain Payet, Gérard Kikoïne et autre Burd Tranberee…

Le cul avec un sens: toute une époque :)