Le propriétaire des salles “arts et essais” CNP lyonnaise adresse un ultimatum à la municipalité et à la région pour obtenir des subventions, sinon après l’Odéon, c’est un des deux autres cinéma restant qui pourrait fermer. Vu la préférence des collectivités locales pour les événements en mode esbrouffe plutôt que pour une action de fond, on peut douter qu’un nouveau projet prenne le relais pour continuer de diffuser en plein centre un cinéma rare, pointu, exigeant, novateur, précurseur ou marginal… Bon, il restera le téléchargement et le streaming pour voir des films qui auraient en priorité besoin de rentrées d’argent…
C’est vrai, je passe pas mal de temps sur Twitter. Endroit idéal pour la procrastination du no-life quadragénaire en reconversion misanthropique avec syndrome d’angoisse sociale Allégations à vérifier chez un de ces psy dont la parole vaut de l’or vu ce qu’ils tarifient la demi-heure pour lâcher quelques mots
Donc, en tweetant, parmi ce qui me sert de plus en plus de fil d’infos – autant si ce n’est plus que les abos RSS et agrégateurs habituels -, on suit pas mal de liens vers des articles ou du contenu produit par les blogueurs. Mais il y a aussi un temps pour partager ses goûts et au hasard de clics on peut s’offrir de belles découvertes ou l’occasion de se plonger un peu plus dans ce qu’on avait négligé. Les applis de partage sont nombreuses, comme ce Blip.fm par exemple, mais il suffit aussi de linker vers Deezer, Spotify, Dailymotion, Youtube…
Justement là, je vais rester sur les chemins qui m’ont été tracés vers des écoutes via ce site de partage.Tranquille ce dimanche après-midi, avant d’aller gagner à la sueur de mon front ma maigre pitance sous le joug inhumain du capitalisme financier (je galéje un peu là : je bosse assis derrière un ordi et la paye est assez correcte; mais l’idée y est quand même – je vous donne pas de détails ?), voilà que b-mode (retrouvez-le avec “ses” co-auteurs sur Ruminances et sur Tes reins et terroirs) et loloster (par ici pour son blog) s’échangent quelques “scuds” amicaux mais musicaux. Ni une, ni deux, je profite de ces “tirs” croisés…
Et me voilà débarquant en vol aussi libre que plané chez des cadors du jazz. Faisons simple, je ne peux prétendre à aucune connaissance dans ce domaine. Tout au plus quelques notions éparses via notamment un super pote, zikos expat’ et fervent du genre, mais une culture bien insuffisante pour tenter quelque analyse de ce que j’entends. Je serais plutôt du genre auprès de qui on peut faire passer du free pour du bebop et du cool pour du west coast (et je ne cite là que des courants dont j’ai retenus le nom ) Ce qui n’empêche de se laisser aller à l’écoute et à être emporté par (dans) le son. Issu de leur échange, et mis en favoris de suite, je me fis donc “bêtement” plaisir en écoutant plus avant Charlie Mingus et John Coltrane.
Ce qui me valut de me faire Impressions dans la foulée
Autre chemin sympa via les méandres du web, celui qui m’a conduit vers un Bashung crépusculaire revisitant L’Homme à tête de chou. C’est depuis chez Thephase3 que j’ai rapatrié dans mes esgourdes ces Variations sur Marilou de Gainsbourg, dont la version originale était déjà écoutable jusqu’à l’infini pour y découvrir sans cesse des détails aussi infimes qu’indispensables qui s’y étaient dissimulés. Ce titre fait partie d’une relecture de cet album concept définitif que Bashung envoie post-mortem pour une mise en scène et une chorégraphie de Jean-Claude Gallotta présentée à Grenoble et qui s’apprête à voyager (dates à la fin de ce billet de Menilmuche).
Quatre autres titres sont dispos en écoute sur le site de L’Express (clic clic clic).
Finissant ce billet, je ne sais pour toi lecteur quelle heure il sera au moment où tu le croisera. Pour moi, celle du sommeil approche. Le moment de trouver sérénité et quiétude, de se laisser aller vers un état un peu contemplatif. Cette ouverture des Glassworks, je ne me souviens plus, malheureusement, par le tweet de qui j’y atterris (s’il se reconnaît sait-on jamais qu’il le dise pour être linké plutôt que de se taire à jamais).
Il va sans dire que la musique classique contemporaine en général et Philip Glass en particulier, ce n’est pas mon univers d’origine ni même de prédilection. Quand on grandit le regard entre Best et Rock&Folk, avec sur sa platine les Ramones, les Clash ou le Boss et que ses nuits de concerts furent longtemps faites de Cramps, de Gun Club ou de Lords of the new church, il y a quand même des séquelles Cela n’empêche pas d’écouter. L’occasion de prolonger une soirée où je le vis rendre hommage à Allen Ginsberg avec Patti Smith. Cette vidéo minimaliste sur Opening Glassworks, filmée en plan fixe un jour de pluie depuis une fenêtre à Los Angeles par twentyflights a, sans non plus ici prétendre à toute lecture “autorisée” de cette musique, des vertus que je trouve bien apaisantes.
Ambiance pleine d’une soul jazzy et pop à Lyon avec la voix de l’Anglaise Kristyna Myles. Trois soirs de suite, elle s’y produit : aujourd’hui au Hot Club à 21 heures, demain au café Cousu à 19 heures et jeudi à 21 heures à la brasserie le Georgia. Pour vous faire une idée, un oeil sur sa page MySpace et le teaser de ces soirées :
Début aujourd’hui pour la 3e édition du festival lyonnais Just Rock (son site ici avec le détail de la programmation) qui se poursuivra jusqu’au 15 novembre. On y retrouvera des formations internationales (Ghinzu, Fredo Viola, Tinariwen, Vandaveer, Anthony Joseph, Patrick Watson), françaises confirmées (Sebastien Schuller, Eiffel, Zone Libre, The Dodoz) et des découvertes qui montent (H-Burns, Welling Walrus, PM’s Better, Xtatik et le Narvalo Orchestra).
Pour cela l’association Mediatone et les Birdy Birdy Partners ont retenu 6 dates d’envergure (2 au Transbordeur, 2 au CCO, 1 à l’Epicerie Moderne et 1 au Kao) sur l’agglo pour ces soirées (de découvertes et/ou de confirmation) autour de l’axe indie, folk, pop, rock français et international. Et comme, c’est connu, il y a un bon dieu pour les fainéants et que les liens hypertextes n’ont pas été inventés pour ne pas s’en servir, l’excellent (vraiment) site Soul Kitchen examine de plus près la prog’ ici et là.
[Edit 4/11 :
Infos dernière minute...
- THE DODOZannulé au CCO. WELLING WALRUS et PM'S BETTER maintenus au Sirius le 5 novembre (5 €)
- ANTHONY JOSEPHannulé sur la date de TINARIWEN du 15 novembre au Transbordeur. Remplacé par le groupe DOCTOR LASS.]
Maintenant que vous avez lu le titre, vous pouvez vous barrer tranquille. Tout est dit. Vous n’en saurez guère plus.
Eté indien pour crépuscule automnale et cette nuit qui est en train de gagner contre le jour. L’heure de sortir, comme caché par “ce cuir noir qui protège du désespoir”. Galure en feutre, boots à bouts carrés de lézard travaillé, velours noir sur lin blanc et chiffré au 501 habituel pour voir le sophisticated man. Public sans âge donc de tous, quadras et quinquas ont la majo.
Flashback et rétro argenté. 8-10 ans disons, Les Mots Bleus sur les radios, dans les télés. J’y connais nibe mais je flashe, comme un avant-goût sur les sons qui me poursuivront plus tard. Ca passe avec la variétoche d’époque au camping de je-ne-sais-plus-où mais il y a d’autres nuances, arrangements, échos. Je n’en sais rien bien sûr. Flash forward. Collège et les slows. Cette Aline pourtant rétro sert pour emballer mais, trop insistante dans son emballage variété, je la renverrai au tout-venant des usines yés-yés.
Un long blanc pour y revenir. L’oiseau de nuit est dark, ce Dernier des Bevilacqua qui dérivait vers Les Paradis perdus sur son Minuit Boulevard n’était en rien ce pourquoi je l’avais laissé. Aventurier du son perdu aux trips aussi blues que parfois electros, il pointe au même tripot des tarabiscotés qu’un Vega, Alan – il le dit et c’est son pote -, fréquente le même cabaret bizarre qu’un Alain, Bashung. Effet boomerang quand l’Alsacien qui s’est barré balance sa cover des Mots Bleus. Une boucle s’est bouclée.
La scène ? Réalisme socialiste réussi pour architecture de circonstance avec cette Bourse du Travail où j’ai vu passer d’autres oiseaux de la rockitude il y a, ça me revient soudain comme un regard sur le précipice, déjà longtemps. Sobriété au volant. Juke box pieds au plancher pour lumières recherchées. Quatre comparses et l’homme aux cheveux blancs. Mince : tour de chant ? Que nenni en deux parties. La pause clope est offerte, un luxe et une élégance dans cette aseptisée dérive ou le payeur n’a plus l’opportunité d’être fumeur. Au fait, cotise-t-il chez nicot ? Ce serait étonnant pour avoir garder à bientôt 64 ans une étendue vocale dont il fait instrument.
Veste courte et lamée. Soie ? Escabeau noir pour se percher. Accueil en forme de dévotion. Les icônes se font rares. Surtout celles qui continuent à avancer. Plus qu’à saisir au vol un cut-up d’instantanés.
Le before d’avant smocking. Vaisseau spécial en voyage (super) sonique. On dirait bien qu’on a embrayé sur le dernier album, Tonight, Tonight… Et d’autres expérimentations négligées. Au risque de décontenancer ? Pourtant c’est là que Christophe va aller chercher ses voies du rock d’un air pénétré. Accords de quarts et de quintes jouent avec les nerfs de la sono et la poussent dans ses limites lancinantes. Fontaines électroniques pour guitares électriques qui vont visiter jusqu’aux frontières abîmées du krautrock ou clarté mélodique de voix sur fond de piano unique.
Deuxième set : on en revient aux classiques. Mais il va savoir s’en arranger. Oubliées les contraintes du marché, Les Marionnettes sont speedées et les plus connus revus à la hausse. Passons sur un ou deux hits expédiés dans un emballage quasi d’origine où le bastringue accentué vient chatouiller les reprises de balloches assumées. La pop sophistiquée se nourrit de ce rock expérimenté jusqu’à un blues harmonica-batterie qui se réinvente à l’électro. Entre les morceaux, les tirades allumées oscillent avec un humour entre le zéro et l’infini. Autographes en bord de scène, public conquis et pas besoin de rappels: “je faisais ça entre 20 et…22 ans pour voir si on m’aimait”. Puisque c’est la fin, retour aux débuts avec un Aline old-school. Puis, comme pas envie de partir et se poser au piano, répondre au saxo pour finir dans l’intimité. Clap de fin et coupez : Elle dit, elle dit…
C’est ce qu’on appelle un truc de proximité. Tellement même que c’est à un arrêt de tram (oui je sais : fainéant) de ma tanière. Donc, comme je l’ai déjà évoqué ici (mais si, suffit de chercher), la première édition du festival de cinéma du Grand Lyon, Lumière 2009, c’est du 13 au 18 octobre (clic sur l’affiche et hop, le site, le programme…).
Et le Comoedia dans le 7e arrondissement participe à cette première édition tournée vers l’histoire et le patrimoine. Aussi, pour mes voisins et quelques autres voici les projos qui y sont prévues :
Mercredi 14 octobre 14h30 – Ressortie : Le Prix d’un hommede Lindsay Anderson (This Sporting Life, 1963, 2h14) 17h45 – Restauration : Pierrot le fou de Jean-Luc Godard (1965, 1h55) 20h45 – Avant-première : L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot de Serge Bromberg et Ruxandra Medrea (2009, 1h34) Jeudi 15 octobre 14h30 – Restauration : La Bandera de Julien Duvivier (1935, 1h36) 17h – Ressortie : Le Soldat bleu de Ralph Nelson (Soldier Blue, 1970, 1h45) 20h30 – Vive Pierre Etaix ! : Yoyo de Pierre Etaix (1965, 1h32) Vendredi 16 octobre 14h30 – Clint Eastwood : L’Homme des hautes plaines de Clint Eastwood (High Plains Drifter, 1973, 1h38) 17h – Don Siegel : L’Invasion des profanateurs de sépultures de Don Siegel (Invasion of the Body Snatchers, 1956, 1h20) 19h30 – Clint Eastwood : Chasseur blanc, cœur noir de Clint Eastwood (White Hunter, Black Heart, 1990, 1h52) suivi de The African Queende John Huston (The African Queen, 1952, 1h45) Samedi 17 octobre 14h30 – Don Siegel : L’Évadé d’Alcatraz de Don Siegel (Escape From Alcatraz, 1979, 1h52)17h30 – Don Siegel : Les Proiesde Don Siegel (The Beguiled, 1971, 1h45) 20h30 – Sergio Leone : Le Colosse de Rhodes de Sergio Leone (Il colosso di Rodi, 1961, 2h22) Dimanche 18 octobre 11h – Don Siegel : Ça commence à Vera Cruz de Don Siegel (The Big Steal, 1949, 1h11) 14h30 – Restauration : Senso de Luchino Visconti (Senso, 1954, 1h55) 17h30 – Sergio Leone : Un génie, deux associés, une cloche de Damiano Damiani (Un genio, due compari, un pollo, 1975
Le nouvel album de Rachid Taha sera dans les bacs (bon, c’est une image puisqu’il sera aussi dispo en téléchargement) le 26 octobre. Son nom ? Bonjour, tout simplement. Comme ce premier extrait interprété avec Gaetan Roussel.
J’ai découvert cet Oranais de Lyon (mais aussi Alsacien et Vosgien) il y a un sacré bail. C’était en écoutant Rhoromanie, un titre du premier LP éponyme de Carte de Séjour, le groupe de ses débuts. Du rock post-punk en arabe avec des teintes orientalistes sur lequel je me suis pas mal agité sur les pistes du Pick up et du Bul (si t’es pas Stéphanois ça te diras rien ). Puis il y eut aussi cette reprise bien sentie du Douce France de Charles Trenet en 1986.
Ce drôle d’enfant du rock poursuivit ensuite sa vie en solo allant piocher des influences aussi bien dans le chaâbi que dans les classiques de la rockitude et de la popitude, ou se servant dans les nappes de l’electro. Sans être un assidu, il retrouvait toujours le chemin de mes oreilles, comme avec sa reprise du Rock the Casbah des Clash en 2004 (déjà ?). Et si je n’ai pas adhéré toujours à tout, il a constamment su surprendre par l’originalité de sa musique, la voie à part qu’il s’est taillé… Une sorte de world sous influence rock. Cette nouvelle galette sera-t-elle toujours sur cette ligne? J’aurais tendance à lui faire confiance en la matière…
Curieusement, je ne l’ai jamais vu en live que ce soit avec Carte de Séjour ou après. Etr justement, le 23 octobre il passe à côté (ou quasi) de chez moi. La bonne occasion alors qu’une large tournée est prévue (clic pour les dates).