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jacno bandeau

Ca commence un peu à bien faire là. Surtout que je veux pas dire mais 52 ans, ça me laisserait même pas dix ans d’autonomie pour mes batteries persos. Cancer bien sûr. Et encore un coup d’épingle dans la toile aux souvenirs. Je vais pas vous refaire la liste. En plus, on a chacun la sienne.

J’ai appris la mort de Jacno en fin d’après-midi via anousonne de l’excellent site Grandcrew.com sur la foi d’une mise à jour de la notice Wikipédia du musicien. La news était confirmée un peu plus tard via FullHdReady et une dépêche AFP reprise sur le site de France Info. Et c’est à peu près tout. Loin d’enflammer la toile quoi… Pas surprenant et peut être pas plus mal : il y a des choses qui ne se partagent qu’en cercles restreints.

Je vous fais pas sa bio (son nom inspiré par l’illustrateur des goldos…), suffit de suivre les liens précédents ou de lire ce bon papier de 2006 sur RFI (clic, clic, clic). Mais un coup d’oreilles dans le rétro permet de se rappeler que le mec aura apporté une sacrée pierre dans la rock culture frenchie, en restant plutôt homme de l’ombre (guitariste, producteur, compositeur…). Perso, j’ai commencé avec ce Rectangle lumineux et synthétique du tournant des années 1980, qui était celui de mes 14-15 ans, j’ai alors pisté Elli & Jacno,  duo symbolique des “jeunes gens modernes” en pleine Novövision post-punk (tiens l’homme à la chapka se fendra-t-il d’un trait ?). Et mis à profit quelques Nuits de la pleine lune pour réviser la période – dont on n’a pas encore fini de réévaluer l’importance – de leurs Stinky Toys.

Tout ça  me fait repenser à Pascale Ogier bien sûr mais aussi à metoo10 et à pas mal de gens et choses avec un goût de passé enfui dont les bribes de souvenirs ne suffisent guère à réconcilier avec l’inéluctabilité de la montre.

Procédons avec un peu d’ordre. Un peu de Stinky Toys :

Rectangle bien sûr :

Mains dans la main avec Elli

La BO des Nuits de la pleine lune

Et un “hymne” que j’ai adopté depuis sa sortie en 2006

Interview de 1999 dans Les Inrocks (par ici)

RIP

La maison n’est jamais à un Tarantinerie près.  Découvert sur FilmGeek, Knoertz nous propose ici un montage perso et sonore du plus culte des films cultes de Quentin Tarantino, Pulp Fiction. Split screen pour des images qui se font son dans une évocation de son oeuvre palmée qui permet d’encore bien halluciner après maintes et maintes visions.

See it in HD et full screen ;-)

Je ne suis pas Parisien. Mais ce n’est pas grave parait-il. De toute façon, si elle m’a fasciné et que j’en ai rêvé jeune, cette capitale me semble bien trop grande pour moi. Egaré, dépassé, noyé, perdu lors de mes rares séjours. Même si il y a un quand même, un quelque chose. Euhhh là je sais plus trop comment retomber sur mes pieds pour en venir là où je voulais en venir.

Le Grand Orchestre de Ménilmontant, je ne connaissais pas il y a quelques jours. C’est @Ménilmuche (Fabien), un blogueur de Paris (ah bein voilà, j’y reviens), que vous pouvez suivre ici, et qui traite à la fois d’hyperlocale et de sujets bien plus larges, qui m’a branché sur ce morceau. Une reprise d’Aristide Bruant “Belleville-Ménilmontant” plus que sympatoche et bien foutue, par ce GOM (site par là) donc; et dont voilà le clip qui a quelques mois déjà:

pierre-terrasson gainsbourg… il y aurait quelque chose ici sur Serge Gainsbourg. Cette série de Pierre Terrasson est extraite de l’expo qu’il lui a consacrée au début de l’été en  “hors d’oeuvre” à une soirée hommage aux Trois baudets. Celle-ci a été filmée et est en ligne sur le site de ArteLiveWeb (clic, clic, clic).

Et puis, pas de raison pour ne pas s’écouter une belle Melody (Nelson) avec les premières minutes d’une réal’ de Jean-Christophe Averty.

Le festival cinéma du Grand Lyon connaîtra sa première édition du 13 au 18 octobre. Tourné vers le passé du 7e art et le patrimoine, ce Lumière 2009 annonce un programme qui vaut le détour (PdF). Va pas être facile de s’organiser pour voir un max de pelloches ;-) Clint Eastwood sera l’invité d’honneur de cette nouveauté dans la ville des inventeurs du cinoche et de l’institut du même nom, dirigé par Thierry Frémaux, qui est aussi délégué général du festival de Cannes. Histoire de dire qu’il a ses entrées dans le gotha du cinéma mondial. Le journaliste Philippe Garnier devrait aussi être présent pour parler de quelques perles du film noir qu’il a choisies. Bref, si le truc échappe au côté ampoulé d’une manifestation officielle de province, il y aura de quoi faire baver le cinéphile et son cousin cinéphage. La billeterie et toutes les infos sont dispos sur le site du festival (c’est par là…).

En attendant depuis le 12 septembre – et jusqu’au 10 novembre – Sergio Leone, qui sera au travers de ses films avec Clint célébré lors de ce Lumière 2009 – se retrouve non pas derrière des barreaux mais accroché aux grilles. C’est à la préfecture du Rhône (dans sa version Hôtel du département), cours de la Liberté (ça ne s’invente pas), dans le 3e arrondissement. Gratuite, une expo propose des photogrammes issus directement des oeuvres du cinéaste italien. L’occasion de se promener dans ses mises en scène au travers de clichés de ses personnages transformés en icônes et de ses plans définitifs.

expoleone

PornoGraphics est un studio espagnol de design et une agence spécialisée dans les nouveaux médias. On lui doit ce montage de graphismes produits par le ciné porno et érotique des années 70, époque où je me demandais bien ce que cachait la devanture et les affiches de certains cinémas…

Willy DeVilleCa commence à dater furieusement. Du 9 août exactement. Mais il suffit de partir en vacances pour que les mecs se barrent sans prévenir. Bon, il n’a pas dû choisir la date non plus. C’est bien notre souci à tous : on sait qu’on y va mais pas à quelle vitesse on y va. Il est vrai aussi qu’on s’aperçoit dans ces cas-là qu’on avait été négligent, qu’on ne prenait plus des nouvelles que de loin en loin. Le fil d’albums routiniers m’avait un peu fait décrocher, au point de négliger le dernier opus, Pistola sorti en 2008 et renouant, parait-il, avec sa meilleure veine.

J’ai donc appris la mort de Willy DeVille via un article de Libé qui avait sorti son Bayon – un des derniers valables qui restent dans le canard de barbichu -, qui lui-même avait sorti sa plume. 56 ans et un cancer du pancréas découvert trois mois plus tôt en soignant une de ces hépatites qui poursuivent les anciens de la pompe. Le New Yorkais, je l’avais découvert en 1981. Pas dans Rock&Folk, une fois n’est pas coutume pour cette époque, mais à la Une d’Actuel. J’avais 15 piges et c’était le premier numéro que j’achetais du mensuel de feu Bizot. Je l’ai encore d’ailleurs dans une de ces piles qui prennent la poussière et que je ne peux me résoudre à benner, ne serait-ce que pour un jour montrer à mon neveu de 5 ans qu’une vraie presse ça a existé… Son look de dandy rock, avant ces allures d’indien post-punk, ses chemises mauves ou à jabots, ses costards, vestes en peau de serpent, boots roots… : le mec avait de l’allure. Sa zik aussi allais-je découvrir sur la foi de l’article.

A l’époque, Willy (William Borsay) était encore avec son groupe et officiait donc en leader de Mink DeVille. Il s’était épris de l’idée d’une certaine romance française et parcourait un Paris qu’il plaçait sous l’égide du fantôme d’Edith Piaf en compagnie de Charles Dumont (pour les plus jeunes : va, lis et reviens). Il venait de sortir Coup de grâce. La galette atterrissait aussitôt sur ma platine. Parce que y’a pas à dire ce mec était fait pour le vinyle, celui qui tourne avec juste un fin rayon de lumière qui s’y reflète, celui des profondeurs soul et des aspérités rock, celui qui vous balade de romances en coups d’éclats. Tel était ce disque qui me fit aussi découvrir que l’accordéon ça pouvait sonner, autrement que celui de Verchuren et de la France profonde je veux dire, en mode direct from le bayou.

C’est d’ailleurs la Nouvelle-Orléans qui allait devenir son port d’attache. Là où, dit la légende, il découvrit, le 23 avril 1991, dans sa chambre d’hôtel le cadavre d’un Johnny Thunders, venu essayer d’enregistrer, mort penché sur sa guitare à la recherche de l’accord parfait.

Coup de grâce était déjà le quatrième album du groupe. Je revisitais donc les prédécesseurs : dans l’ordre Cabretta, Return to Magenta et Le Chat bleu. Globalement tous réussis. Avec une maldonne dès le premier puisque, sorti en 1977, les distributeurs l’affublèrent d’un stick “Punk”, espérant le vendre en surfant sur la vague. C’était plutôt du côté d’un classicisme rock que lorgnait le Willy, avec ses accents bluesy, sa voix pleine de soul et toutes les influences du rythm’n'blues aux brass bands. D’ailleurs n’était-il pas aller chercher Jack Nitzsche à la production ?

La qualité ne faisant pas le succès, c’est connu, Mink DeVille poursuivait dans l’indifférence du grand public avec deux disques un peu en-dessous Where angels fear to tread et Sportin’life. En-dessous mais avec quelques perles comme Demasiado Corazon ou Italian Shoes. C’est sur ce titre qu’il faisait son entrée sur scène avec un rayon de lune sur ses pompes lorsque je le vit en concert en 85 à la Bourse du Travail de Lyon. Sacré showman pour lequel le mot coolitude aurait pu être inventé afin de définir sa longiligne décontraction. Et je parle pas des sapes. Ni de la musique qui relevait aux piments forts l’incroyable mélange de sa discographie.

Parti en solo, Mark Knopfler, en side project de Dire Straits, lui produira un Miracle aux petits oignons et qui reste un grand album. Mais de Miracle, il n’y en aura pas. Encore un Victory Mixture ancré dans les traditions New-Orleans un peu en-dedans pour “rien” et le succès  viendra comme par surprise, par effraction, seulement en 1992. Sur le très bon Backstreets of desire, voilà que le sieur DeVille se fend d’une reprise mariachi de Hey Joe. C’est le crossover et le succès mainstream, le seul vrai hit de sa carrière. Pas mal de tournées et trois autres livraisons un peu en roue libre se succéderont à partir de 1995. Avant le dernier donc…

Love and Emotion

Spanish Stroll

You better move on

RIP