Tag d'archives : décès

Il y aura toujours des nuits comme ça. Ces nuits où la machine a gagné. On se retrouve là essoré, fatigué, dégouté, épuisé par les monstrueux rouages d’un truc qu’on nommera, à la fois et sans trop savoir où viser juste, capitalisme, patronat, hiérarchies, concessions,  libertés abandonnées et rêves trahis. Cette soirée restera de celles-là, de celles où une chose trop prévisible porte sur la marmite son couvercle noir. Celui qui éclaire un peu mieux tant d’inconsistance et de vanité, qui révèle la crue réalité.

Bashung est mort, lance simplement une voix. Etrange alors ces solidarités qui se tissent entre inconnus ou presque. Comme des fanaux d’embarcations à la dérive, des inconnus ou presque ou pas twittent, mailent, smsisent les signaux écorchés d’une histoire qui ne peut que leur appartenir, renvoyant sur un clip, un morceau…

Car au final on ne sait qu’en dire, si ce n’est à tracer le rock-portrait convenu d’une bio en boots et perfecto. Alors, plutôt que parler: choisir. Mais quoi ? Gaby peut être ?, remonté des années collège-lycée, première sonorité avant Vertiges de l’Amour à venir échouer dans nos oreilles en mode transistor. Play Blessures – et sa Martine boude (qui revient toute en nage quand elle fraye avec des petites garçonnes de son âge) -, vision à deux avec Gainsbourg, le géant d’avant ? Mouais mais dans ce cas pourquoi pas Novice ou Fantaisie Militaire ? Ou même un single genre SOS Amor, L’Arrivée du Tour ? Voir un live comme Confessions publiques ?

Parce que pour chacun il y aurait une époque, un état, des espoirs et du désespoir, une ou des histoires, des filles et des nuits, des verres ou des bouteilles… Ouais, à chaque fois on peut retrouver un peu de l’univers auquel il servit de fond.

Commentateur régulier de ce blog, Mr Hulot trouva, sans le savoir (pour ce qui me concerne s’entend), le détonnant révélateur. Osez Joséphine, l’album de 91. Son clip, ses clips d’ailleurs avec Volutes. Un disque abordable, grand public mais un son, des compos et reprises uniques pour une réussite totale.

Et puis une époque. Un moment. Des nuits plus belles et longues que les jours. De celles qui recommencent au lever et s’achèvent à 7 heures du mat’ par un dernier blanc. La fureur encore, ou déjà, les possibles qui se conjuguent au pluriel, plus gamin mais encore jeune. Décadence en transes, violences, errements, expériences et pour relancer la machine ce riff encore et toujours. Putain de morceau, putain de LP. Putain d’époque dont quelques bribes seulement ont réchappé des brumes. Alors tant pis si ce n’est pas très original :

Et pour de tristes nuits de mars une superbe version de Suzanne via Mossieur Resse :

RIP

Putain MEEEEEEEEERDE !!!!!!!

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Parmi tous les hommages celui-ci le fait bien (lien)

RIP

Y s’éclatera donc plus au Sénégal. Et Marylène doit se démerder seule depuis bien longtemps. Gérard Blanc est mort ce week-end à 61 ans. Avant une carrière en solo plus variétoche dans les années 80, il fut chanteur et guitariste de Martin Circus groupe français des années 70 précurseur et plutôt délire qui en gardant les pieds dans le rock fut à cette époque l’un des rares (pour ne pas dire le seul) à obtenir un succès grand public.

RIP

On l’a retrouvé mort seul chez lui à Ann Arbor aujourd’hui. Mais le décès remonterait à plusieurs jours. Aux environs du réveillon. Le guitariste Ron Asheton était membre historique et fondateur des Stooges. Il avait 60 balais. Un petit oeil sur sa bio

…et une vidéo sympa de 2007 après les retrouvailles avec L’Iguane (à la six cordes, derrière lui, avec les sunglasses) filmée à Austin lors d’un mini-concert:

et TV Eye on stage

RIP

… ou la mer, les vents et le ciel ont repris Captain Bob.

C’était quand même pas prévu que ce blog se transforme en cimetière. Surtout que là la nouvelle est raide, plutôt amère. Le Captain c’était pas une star (quoiqu’au pays…) juste un mec bien. Un type de mon âge ou presque (1 ou 2 ans de moins je crois) avec qui j’ai partagé quelques conneries d’ados avant d’être un de ses auditeurs fidèles et de bénéficier comme spectateur aux concerts de son activité pour promouvoir les musiques qu’il aimaient. captain_bob

Brahim Aslafy était journaliste et animateur sur Radio Dio (89.5 FM), radio associative de Saint-Etienne. Il s’était aussi beaucoup impliqué dans la Ferarock (Fédération des Radios Rock). Connu dans la France entière, figure éclairée du reggae, il a défriché bien des champs.  Il est décédé mercredi d’un arrêt cardiaque.

Plus perso, je me souviens de plans biens cons avec Tino et Rythié. Epoque où le Captain s’appelait encore Slouf. Vu notre milieu on était invités dans pas mal de soirées bourgeoises branchées; réputés pour avoir de quoi fumer ce qui excitait doublement nos hôtes qui pouvaient s’encanailler et se défoncer (se faire?). Jamais à cours de bonnes blaques, Slouf, lors d’une de ses “boums” réalisa le double exploit de faire boire le Yorkshire local et de pisser dans la bombe à cheval parentale. Des années plus tard l’histoire faisait encore rire (pas les victimes peut être).

Entretemps j’avais quitté Sainté (Saint-Etienne en langage initié) pour y revenir et le Captain était né. C’était il y a bien une vingtaine d’années et ses mix de dubs accompagnaient les une, trois ou six feulles de mes aprèmes. C’était son truc ça : faire découvrir, partager. On partait du reggae, on y revenait et de l’autre côté du poste j’élucubrais version cool. On se croisait encore parfois tard : un concert, une soirée…

Puis j’ai quitté la ville (me suis embourgeoisé aussi ?).

Parmi les hommages le blog des Eurockéennes  http://www.eurockeennes.fr/pluieviolette/ et le site de Radio Dio avec une multitude de témoignages : http://www.radiodio.org/

Allez, Captain bons vents :

RIP

Elle aura été un peu la pin-up des pin-ups. Et bien plus. Figure annonciatrice de la libération sexuelle, certes. Mais aussi précurseur en matière de déviances, de fétichisme… elle fut ainsi modèle pour des gens comme John Willie ou Eric Stanton.

Objet d’un vrai culte pour l’underground et la contre-culture, on la retrouve toujours aujourd’hui inspiratrice des tendances gothic, bdsm, bondage, fétichiste… Elle avait autant sa place punaisée dans un camion du deep south que comme inspiratrice (avec Sacher Masoch) à la Factory Warholienne du Venus in Furs par le Velvet Underground.

Bettie Page est décédée à Los Angeles ce 11 décembre des suites de l’attaque cardiaque qui l’avait frappée il y a une semaine. Elle avait 85 ans.

On ne sait pas grand chose des détails d’une vie où elle connut des hauts et des bas mais durant laquelle elle protégea finalement le statut iconique de son image que l’on peut retrouver sur son site officiel (en anglais) : http://www.bettiepage.com/obit/index.html
Le LA Times lui rend aussi hommage et évoque “l’influence d’un personnage clé devenu une figure culte”.

C’est bientôt noël :

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C’était pour avoir plus de cadeaux ou le cadeau c’était les chaussures ?

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Et en bonus une  vidéo d’époque…

… et une deuxième encore plus vintage, en NB filmée d’un oeil tremblant :)

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Gérard Lauzier est mort samedi 6 décembre. Il avait 76 ans, ce qui m’a un peu mis sur le cul soit en passant.

lauzierJe vais pas la jouer spécialiste de la bande dessinée. J’y connais pas grand-chose. Je pourrais quand même aligner quelques noms cultes et lister des personnages marquants. Ni plus, ni moins. Mais Lauzier a marqué un tournant dans mon approche du genre. Le passage de Tintin (avant d’y revenir) et Gaston à Manara ?

Je sais plus trop comment je l’ai découvert ce mec-là. Un article ? Un après-midi de courses familiales en grande surface où je laissais la troupe à ses achats pour m’installer au rayon livres ? Quelle chierie ces problèmes de mémoire sélective. En tout cas c’était pas avant 1978. Peut être un peu plus tard avant l’adaptation – pas terrible – au cinoche avec Clavier (oui, celui auquel vous pensez).

Raison simple pour cette date : j’ai commencé par la Course du rat. On ne sait jamais dans quelle mesure le crayon traça la ligne mais cette histoire de cadre sup de la pub bien tocard qui se la joue bling-bling en voulant se la péter dans les milieux hype qui  le prennent pour un con m’instruisit sur la voie vers laquelle je ne voulais pas aller. Le seul personnage supportable de l’histoire était d’ailleurs celui d’un “parasite” rockisant vivant aux crochets des parvenus soucieux de se faire accepter pour ce qu’ils ne seront pas et de nantis qui se la jouent cool et bohème. Dire que ça date de la fin des seventies… et qu’un léger toilettage offrirait une bonne grille d’analyse contemporaine.

Je tombai ensuite dans ses Tranches de vie. Le bonhomme riait avec méchanceté du milieu qu’il fréquentait sans doute entre pseudo libération sexuelle, féminisme casse-couilles et engagement politique à deux balles. Portraits en série au vitriol. Il y eut aussi La Tête dans le sac, l’histoire d’un quinqua qui ne se l’avoue pas et qui s’accroche aux gamines faute d’avoir encore quelque chose en quoi croire. lauzier_tetedanslesac_01

Au ciné, si on met de côté le scénar de l’hilarant Psy de Philippe de Broca avec un Patrick Dewaere bien allumé, Lauzier dériva vite vers le boulevardier. Son T’empêche tout le monde de dormir avec Daniel Auteuil pré reconnaissance critique pouvait encore passer. Quoique. Mais je décrochai lorsqu’il nous fourgua sa comédie vacancière Mon père ce héros.

La veine caustique resta ma préférée et si on peut faire l’impasse sur le cinéaste, les BD sont quand même  à revisiter pour les mangeurs de sushis, adeptes de produits bios, trieurs sélectifs mais aussi les cadres à langues pendantes aux allures de lévriers attirés par un leurre.

RIP