Tag d'archives : création

Il y a des billets sponsorisés. Celui-là ne l’est pas. Par contre c’est un papier de copinage, un vrai. Le Mag c’est un pote de 30 ans ou presque. Un vrai, là aussi. La preuve : la première fois on a failli se foutre sur la gueule dans une bringue. Depuis, on ne s’est plus perdus de vue; genre à reprendre une conversation là où on l’avait laissée des mois avant. Entre-temps, l’artiste est parti vivre sous les cieux canadiens. Batteur et percus, il suit une carrière de musicos. Bon son truc c’est resté les plans jazz, la bossa-nova, les rythmes brésiliens et afro-cubains, la world music… Pas pu le convertir, comme je l’avais fait en politique ;-) , au bon vieux rock qui tâche. N’empêche qu’il sonne le bougre.

Certes, il ne remplace pas encore Manu Katché sur Arte mais voilà quelques images où il apparaît et que je viens de recevoir. Devant une foule impressionnante au festival de jazz de Montréal, derrière (vraiment caché d’ailleurs) Gilberto Gil, et lors d’autres performances. A la fin, ce n’est pas lui sur des patins, ça c’est sûr, même s’il tenait mieux que moi sur une planche à voile, mais comme il compose des trucs un peu space pour des jeux vidéos, je vais vérifier que l’accompagnement est bien de son cru.

Bon, enjoy (pas autant que moi je pense ;-) )

Pour un éventuel producteur de passage : je peux te filer son mail (je prends pas de com… pour l’instant)

Albert Cohen parlait d’amour chimiquement pur. Jamais trop pigé ce que ça peut être exactement. Une relation façon Bal du comte d’Orgel ? Ce serait presque facile et décevant… Ce morceau des Chemical Brothers n’est pas de la première jeunesse. Une dizaine d’années dirais-je au jugé. Il a même servi de bande son à une pub pour Air France. Mais ce Asleep from day demeure, malgré ou avec le temps un moment parfait de pureté musicale dont on ne peut se lasser.

Un super moment visuel et sonore. La traversée de Paris en 1865 photos par Jean-Philippe Pernot. Allez voir ses créations photos, vidéos (et Super-8) et numériques sur sa page www.jpartlife.com.

Chauvinisme ? Pas vraiment. D’ailleurs je suis incapable de dire comment je suis tombé sur son MySpace. En tout cas, c’est pas parce qu’il vit dans ma ville natale que j’ai écouté l’intégralité de ses morceaux. Matho Brown est de Saint-Etienne mais rien à voir avec Sliimy. Tant mieux pour moi : ses morceaux sont éminemment plus proches d’un univers qui me correspond. Pop-rock maniérée et solitaire, élégante et dandyesque, sophistiquée et intimiste où je retrouve des sonorités et textes ancrés dans mes références persos. De là à rentrer dans le jeu des influences, je vous renverrais plutôt à l’éclectisme de celles qu’il cite sur sa page.

En attendant de le voir sur scène dans la région – passé à la ville “ennemie” je suis à portée de l’un de ses sets -, j’ai pu aussi flâner sur son site perso (c’est ici). Signé sur aucun label (pour l’instant), je ne sais rien de plus sur lui que ce qu’il dit dans sa présentation sur MySpace :

Je suis auteur compositeur interprète français né d’une mère grecque albanaise et d’un père italien; ce mélange de cultures est ma richesse même si cela ne s’entend pas trop dans ma musique! On peut quand même y discerner parfois un bouzouki… Mes influences musicales sont quand même très anglo-saxonnes. J’enregistre tout seul chez moi, ce qui me laisse beaucoup de liberté et l’occasion “d’immortaliser” mes compos à n’importe qu’elle heure du jour et de la nuit, l’inspiration arrive sans prévenir…J’ai joué dans différents groupes de rock comme guitariste/chanteur et encore actuellement (Hot Shoes): j’aime la pêche du live et ce contact direct avec les gens. MATHO BROWN est une facette plus sage et plus intime de ma personnalité. Je vis actuellement dans la région stéphanoise et pour moi Myspace est l’opportunité de faire découvrir ma musique d’une manière plus large. A bientôt peut-être sur scène où ailleurs… Bye

Avant de devenir accros à son player voilà une vidéo toute fraîche :

Et une autre à peine plus ancienne :

A découvrir, vraiment.

James Cameron revient le 16 décembre avec Avatar. Il retrouve pour l’occasion la science-fiction et Singourney Weaver pour un projet toujours plus ambitieux. Et onéreux puisque le coût annoncé est de 320 millions de dollars. Objectif : rien de moins que de révolutionner la narration cinématographique. Pour cela l’homme du Titanic, de Terminator et d’Aliens a eu recours au dernier cri des technologies 3D et de “motion capture”. Ce premier volet d’une saga annoncée narre les aventures d’anciens marines, et particulièrement de Jake Sully (Sam Worthington), envoyés sur une planète mystérieuse Pandora. Ils devront faire face à des extra-terrestres violemment attachés à la protection de leur territoire.

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Toujours problématique les doubles affiches. Il y a ceux qui sont venus plutôt pour l’un et ceux qui sont venus plutôt pour l’autre. Ceux qui sont venus plutôt pour les deux et encore ceux qui sont venus vaguement pour l’un, l’autre ou les deux. Faut que la sauce prenne. Mais peut être aussi que seul aucun n’aurait rempli une arène – qui est un théâtre romain me suis-je fait reprendre récemment au sujet de l’enceinte lyonnaise -, n’affichant pas complet hier soir  même si finalement assez bien garnie.

C’est Marianne Faithfull qui ouvre le bal. Jamais facile de parler d’un mythe même s’il ne s’effondre pas. Et le problème avec Marianne Faithfull c’est que du haut de cette petite anglaise, quarante-cinq ans de l’histoire du rock te regardent. Ca impressionne. Trop peut être pour un public assis presque trop poli avant de se montrer ravi. On se croirait un peu à un concert de jazz, certains morceaux en auront la tonalité. Ou près d’un kiosque à musique si l’on veut satisfaire les origines aristocrates autrichiennes de la dame, petite-nièce du sulfureux – déjà, ce doit être de famille -Leopold von Sacher-Masoch.

De fait on ne cherche pas d’angle avec lady Marianne puisque l’angle c’est elle.Tu es quand même face à quelqu’un qui s’est barrée de chez son mari galeriste pour aller vivre chez Brian Jones en même temps qu’Anita Pallenberg - au passage sacré Keith, va. Puis elle devient l’égérie de Mick Jagger. Avec Richards, il lui offrira quelques perles.

Moi, j’aurai attendu Dangerous Acquaintances pour tomber dans les griffes de la chanteuse aux cheveux mouillés (sur la pochette). Avec un certain mérite puisque l’air du temps était ailleurs. Mais  sa légende était déjà en marche depuis longtemps. Ce LP, héritier du culte Broken English, me mit sur la piste de cette voix singulière. Une voix restée la même.

Tout cela nous vaut un moment charmant, alternant calme et un peu plus de tourmente pour un tour de chant d’un peu plus d’une heure. Sept musiciens : un guitariste, un batteur, un bassiste-contrebassiste, un pianiste (+ claviers), deux cuivres (+ accordéon, flûte…) et un second guitariste (+ scie électrique, violon, mandoline…) et une Marianne Faithfull dans un ensemble pantalon noir veste cintrée sur un chemisier blanc avec faux noeud pap’ imprimé. Un peu l’impression d’être reçue par celle qui se présente désormais comme “une grand-mère s’occupant de ses petits-enfants” pour une garden party typically british. Pour le reste, sur scène, c’est sobriété et simplicité avec juste un tabouret pour se percher de temps à autres, et laisser les solistes dans la lumière, ainsi qu’un livret sur un pupitre.

Je vais pas faire la set list, je l’ai pas notée. Bien sûr certain(e)s regretteront l’absence de tel ou tel titre ;-) Mais, entre un touchant Solitude de Billie Holliday (“écrit par Duke Ellington”, précise-t-elle), des reprises de Buddy Holly et Gary Newman, les incontournables sont là. A commencer par ce long et premier temps fort du concert que sera ce Broken English qui décolle totalement. Ballad of Lucy Jordan bien sûr mais aussi sa “pièce de résistance” (en français dans le texte) Sister Morphine. Sans oublier  un Why did you do it poussé bien haut. Si tout cela s’avère un peu attendu, c’est aussi ce que l’on attendait…

Un burning Byrne

Et David Byrne me demandera-t-on ? Et bien à l’heure qu’il est c’est-à-dire tard dans la nuit, j’en suis encore sur le cul. Tiens, je résume : il m’a fait danser. Moi qui combine une flemme intrasèque à une élégance toute relative dans le mouvement : il m’a fait bouger. Et en plus je savais pas trop à quoi m’attendre puisque je ne connaissais pas son travail avec Brian Eno et que, grand bonhomme quand même, ce dernier a toujours suscité chez moi quelques réserves pour sa propension à donner dans la complexité, la musique “savante” et les arrangements electro tarabiscotés.

Bein que nenni. Le New-Yorkais (né en 52 et en Ecosse, merci Wikipédia parce que là m’en serais pas douté…) a livré une putain de performance. Au sens anglais du mot d’ailleurs. Bon, c’est vrai je n’ai jamais vu les Talking Heads (on peut pas tous les avoir vus non plus) même si Stop Making Sense m’avait démontré quel performer cet immense musicien-chanteur-créatif est sur scène. Cela dit le film de Jonathan Demme est de 1984.

Le band dont le nom (et la composition) n’est donc plus Talking Heads (Cf le live de 82 voyons) se présente vêtu de blanc de pied en cap. Tiens, on se croirait à une des fameuses soirées à Saint-Trop’ de feu Eddy Barclay. Devant sa troupe, Byrne en Monsieur Loyal peroxydé balance un petit speech introductif. Lui qui a offert un titre en Creative Common sur une compil’ Wired et semble peu rétif au web, invite l’assistance à “photographier, enregistrer, parler au téléphone ou checker ses mails”. Montrant la set list à ses pieds, alors que trois estrades sont placées en fond de scène avec batterie, percus et keyboards, juste derrière un bassiste et trois choristes (un peu instrumentistes aussi), libérant l’espace du plateau pour les trois danseurs qui vont y débouler, il plaisante encore du fait d’être le seul à avoir le menu de la soirée. Il rappelle que l’album de son side project de 81 avec Eno  My Life in the Bush of Ghosts ne s’était pas vendu terrible et… one, two, three, four.

Et de suite ça décolle. C’est lancé pour… ? Pour tout dire je n’ai aucune idée de combien de temps cela a duré, happé que j’étais par le son, la lumière, les chorégraphies et la mise en scène. Va raconter ça, tiens. Tout est parfaitement stylisé, totalement maîtrisé, superbement interprété, incroyablement performé… Merde, les adverbes.

Pas question de tenir une set list à jour, juste d’attrapper les titres à la volée en commençant à s’agiter. On retrouve la touche ethno, world, africaine, la danse et la guitare, le funk et le fun, la disco et le post-punk mais aussi les bidouillages et structures complexes, les samples et effets sonores. Ca fuzze, ça wah-wah, ça distorse aussi. Et cette voix, ce phrasé… Déplacements synchros, danse, énergie : virez les chaises des places d’orchestre réclame une partie du public. Mister David propose d’attendre la fin de deux morceaux plus lents – “j’ai le menu sous les yeux” rappelle-t-il -, ce qui est fait avant que l’enceinte entre encore plus dans la gigue.

Mince alors. Brian Eno version dansante, j’ai besoin d’une bonne révision des 100000 moi. Je récupère un Come with us, me laisse emporter par Once in a Lifetime, me récupère sur Life during Wartime (enfin je crois), redémarre sur The Road to Nowhere, plonge dans Take me to the River… Pour les plus connus. Classiques pour beaucoup mais revisités sans être dénaturés. Ca peut pas finir comme ça ?

Non. Il y a trois rappels calibrés dont l’incadescent  Burning Down the House. Ca tu l’as dit, c’était chaud.

Un peu plus :  – Le Myspace officiel de Marianne Faithfull
- Le mini-site de l’album Easy come, easy go.
-Le site de David Byrne, la page du  Everything that Happens Will Happen Today Tour (music by David Byrne et Brian Eno).
- Et le journal de bord de David Byrne.