Hadopire nous l’aura fait ressortir. C’est déjà ça. Georges Abitbol c’est “La classe américaine” pour un Grand détournement où il se retrouve incarné par John Wayne qui au moment de mourir prononce une phrase bien mystérieuse : “Monde de merde”. Sitôt Hollywood met ses plus fins limiers sur les dents et, dans une narration en flash-back à la Citizen Kane, Dustin Hoffman et Robert Redford, dits Les Hommes du président, vont mener l’enquête autour de l’homme le plus classe du monde.
Tout ça remonte au Canal historique de 1993. C’est écrit et réalisé par Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette; exclusivement composé d’extraits de vieux films de la Warner, remontés et redoublés afin de créer un nouveau film inédit. La première diffusion a eu lieu sur la chaine Canal Plus le 31 décembre 93. Une seconde diffusion a eu lieu en 2004 sur la chaîne Festival (devenue depuis France 4). Le film n’a jamais été édité officiellement en VHS ou en DVD mais a connu une diffusion virale amplifiée par le web.
En ces heures d’hadopisme se croyant triomphant, il rappelle que détourner n’est pas voler et incarne la flamme de la résistance pour ceux qui veulent hisser le pavillon noir à tête de mort comme symbole d’une création pouvant se libérer de ses marchands de soupe. Il fait reparler de lui quoi (lire cet article par exemple).
Accessible en téléchargement, il est aussi ici (et à plein d’endroits ailleurs ). C’est parti pour 72 minutes de délires avec un casting incomparable :
Cadeau Bonux ? Avant ce long la même équipe s’était fait la main sur un court. Autour de la disparition de La 5 de Berlusconi and co, ils avaient détourné les séries d’époque dans un Derrick contre Superman.
Hadopi façon Star Wars. Voilà ce que ça pourrait donner vu par Klakinoumi. Un détournement anti-Hadopi parce que les sarko siths et le côté obscur ne l’emporteront pas.
On s’en souvient, le single Kids de MGMT (prononcer Management) avait été utilisé par l’UMP, sans l’accord préalable des artistes, lors du conseil national du 24 Janvier 2009 pour marquer les temps forts de la journée. Ca la foutait mal pour le parti pro-Hadopi qui s’apprêtait (et veut toujours, en tout cas sa direction et son tout-petit-président) à traquer, fliquer, filtrer… avec comme argument la défense des droits des artistes. Du coup, fâché le groupe avait demandé réparation et ne s’était pas satisfait de l’euro symbolique proposé par le parti régimaire des Lefebvre, Bertrand, Copé et autres Albanel…
Il semblerait qu’un accord* a été trouvé et que l’UMP passe à la caisse. Le groupe explique que la somme va être donnée à des organisations représentant les artistes. Sur son MySpace, il affiche toujours son soutien à un large accès et au partage de la musique dans untexte mis en ligne hier soir réapparu ce vendredi 24 dans l’aprème.
MGMT Waterloo with France fini!!
About two months ago it was brought to our attention (through the MGMT
message board) that the UMP French political party was using our song
“Kids” at rallies and posting videos of these rallies on their official
website. Normally MGMT steers clear of mixing music and politics,
but the fact that the UMP used our song without permission while
simultaneously pushing anti-piracy legislation seemed a little wack.
We believe that access to music benefits both the musicians and the
fans, and has undoubtedly helped spread our music around the globe,
while also expanding our personal musical collections. We didn’t
want to be “typical Americans” and sue, despite the amazing monetary
benefit and chinchilla coats and Navigators it would bring. Instead
we’re using the settlement fee the UMP presented and donating it to
artists rights organizations. Thank you France for the wonderful
food. C’est bon. MGMT
Ca vaut bien un petit morceau, le tube Kids pour être original (via lesinrocks), à la santé de cette nouvelle claque pour les sarkozo-umpistes :
*Pour l'instant la somme n'a pas été dévoilée par le groupe.
[Edit : Assez bizarrement, le texte copié collé ci-dessus a disparu dans la soirée. Le lien renvoie vers une page vierge m'indiquait AlexHervaud d'Ecrans.fr via Twitter. Toujours par le même biais, une autre blogueuse, Irène Delse m'orientait alors vers le même communiqué qui avait été mis en ligne sur (au moins) un site anglo-saxon. Une explication de l'apparition-disparition de ce texte sur le MySpace du groupe doit bien exister...]
[Edit 2 : texte refait surface cet après-midi 24 avril (http://blogs.myspace.com/index.cfm?fuseaction=blog.view&friendId=3242691&blogId=485175147) Une erreur de manip sans doute l'avais zappé ?]
Se retrouver pour partager des fichiers afin de célébrer les vertus du téléchargement et de l’échange culturel, voilà une idée qu’elle est bonne. Et c’est pour aujourd’hui avec ce Download Day, à Lyon donc mais aussi à Marseille, Toulouse et Paris bien sûr. Alors : “Copiez (votre trouvaille faite sur le peer to peer) sur un CD, une clé USB, une carte SD, qu’importe ! Et venez la partager avec tous ceux qui aiment vraiment les artistes et la culture”.
Lundi reprend l’examen par l’Assemblée nationale du projet de loi frappé du sceau de l’infâmie “Création et Internet”, ou Hadopi (Wikipédia est ton ami et résume parfaitement les enjeux du texte), de la ministre Alabanulle rédigé sous la dictée de son Nègre. Et on peut parier que le pouvoir va s’accrocher à toutes forces à son erreur.
Il accumule pourtant les déboires. Bon d’accord, à la demande générale, quelques uns des plus récents, comme ça juste pour se marrer.
- D’abord la claque européenne. Les députés communautaires ont adopté un texte sans ambiguité qui dit que “garantir l’accès de tous les citoyens à internet équivaut à garantir l’accès de tous les citoyens à l’éducation”. Allez, tu repasses quand tu veux, Christine.
- Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls et une belle brochette d’acteurs s’est pronncée contre l’Hadopi : http://www.temps-reels.net/article1850.html Bon tu sors Albanunuche ?
En vrac, ils disent non et expliquent la connerie du bidule : une loi “absurde et liberticide” sur Acrimed, “Hadopi est une bêtise” pour Xavier Niel (patron de Free) et même Google y est opposé explique Numerama. D’ailleurs on voit bien que derrière c’est un monde façon “Matrix qui se profile”.
Même Jacques Attali, ancien sherpa du mitterrandisme converti à tout et son contraire, se faisant chantre du libéralisme au service des puissants, individu que je n’apprécie pas particulièrement (ah bon ?) par ailleurs, s’avère très sévère sur le projet gouvernemental. Et vu qu’il rallie et illustre ce que je pense, pourquoi se priver de l’écouter (sur iPolTV)
T’es encore là toi ? Allez ouste maintenant Albanaze.
- Techniquement, “on” (les spécialistes s’entend) les avait prévenus, c’est du n’importe quoi. Même le très officiel Conseil général des Technologies et de l’Information en est d’accord, relève la Quadrature du net (les quatre gus dans leur garage vous savez). D’ailleurs déjà les moyens de contournement apparaissent via proxy, le développement de solutions de remplacement du P2P par le F2F (avec OneSwarm par exemple), et autres solutions VPN comme IPREDATOR que s’apprête à lancer The Pirate Bay qui garantira l’anonymat (un service payant qui a des airs de licence globale… sans les retombées qu’elle aurait généré). Tends l’autre joue Christine…
On notera au passage que l’identification via IP a bel et bien été retoquée par la Justice, malgré les approximations et mensonges de la ministre lors de la première partie des débats devant le Parlement.
- Reste bien sûr que le travail des artistes doit être rémunéré. Des tas de solutions existent comme les expérimentations de Radiohead ou Nine Inch Nails l’ont démontré. Et les rélexions pointues ne manquent pas comme celle du musicien Philippe Axel qui relève la nécessité de ne pas vouloir nous faire prendre des intérêts industriels pour de la sauvegarde artistique et une nécessité pour la diffusion des oeuvres. Par contre pour certains intermédiaires ça sent la fin. Encore que. Après un rapport néerlandais qui démontrait les effets positifs du “piratage” sur l’économie, il est apparu lors du récent festival d’Austin “South by south west” que le téléchargement (“illégal” car n’oublions pas que le légal existe) peut bénéficier… aux ventes de DVD. Quelqu’un a-t-il vu où est partie Albanone ?
Pour la peine je m’étendrai à peine sur la feuille de chou du sarkozisme et ex journal de référence qui – sur demande duquel de ses puissants commanditaires ? – nous a gratifié d’un glissement particulièrement pitoyable de téléchargement à piraterie, de pirate à voyou et de voyou à terroriste, un faux pas du Monde mis en pièce par ReadWriteWeb.
Mieux vaut saluer l’initiative de Jamendo. La platerforme de téléchargement de musique libre (un demi-million de membres et environ 19 000 albums téléchargeables gratuitement et légalement) propose un “remerciement gradué” qui prend le contrepied d’Hadopi et peut permettre aux meilleurs partageurs de gagner un mois de remboursement de leur abonnement internet.
On ne saurait enfin finir sans un poème que même France Inter a salué. Il est l’oeuvre d’un des pionniers des blogs en France (au temps récent où quand mon ordi buggait je beuglait et appelait aussitôt la maintenance au bord de la crise de nerfs), Vinvin qui développe désormais aux USA son concept Hellotipi de création de site familial privé.
“L’occasion était belle de prendre de l’avance,
De changer la matrice, d’oublier les rancoeurs,
De dessiner ensemble un chemin pour la France,
Partager la culture, lui trouver une valeur”,
écrit-il notamment dans un texte “Hadopi soit qui mal y pense” que l’on peut lire (gratuitement donc ) ici et entendre-voir là.
[MàJ : Malgré l'opposition de l'Europe, la France (ses dirigeants) "est convaincue qu'Hadopi n'a rien à craindre de Bruxelles", estimait samedi 28 mars le site ElectronLibre. Il détaillait la course contre la montre dans laquelle se sont engagés les sarko-sbires et la manière dont ils entndent utiliser la complexité des institutions européennes...]
Avec le black-out contre la politique anti net du pouvoir en place et des lobbies, une chanson pour partir au combat sur Les mots ont un sens. Une lutte de plus à ne pas déserter dans ce sarkoland sinistré.
NB AUX VISITEURS :Afin que ce post garde plus de visibilité, des notes plus récentes sont consultables… à sa suite.
La création n’est pas la propriété privée des amis du nabot. Et une loi très con peut donner lieu à un mur aussi caustique qu’innovant. C’est ce que propose Numerama avec l’opération “60 secondes contre Hadopi”. Jusqu’en janvier 2009, le magazine invite les hacktivistes à participer à une action (détails ici) qu’on pourra suivre sur un “groupe” Dailymotion créé pour l’occase.