Vlan dans les dents. Un bon coup de pied au cul découvert grâce à @chuipsala. L’’IndispensablE Tristan-Edern Vaquette, interprète ici un extrait d’un titre de 35 minutes, “La Conjuration de la Peur”, extrait de son dernier album Crevez tous paru en 2008 et qui va donner lieu à un DVD dont la sortie est annoncée pour le mois prochain ou en tout cas avant la fin de l’année. Peut être. Homme en rouge de l’underground libertaire, Vaquette se confronte à tous les genres en digne héritier post-punk. Humour et provoc, rap et rock, politique et art, il veut conjuguer toutes ces tendances et bien d’autres sous sa bannière du hardly-listening (donc pas du easy, au cas où ce ne soit pas clair). Pour en savoir plus, le mieux est encore de se risquer sur son site (par ici messieurs-dames) et de visiter ses archives (suivez la flèche et bonne chance).
Le fond de l’air ne retrouvera sans doute jamais un tel rouge de folie. C’est en parcourant Bakchich que j’ai découvert la sortie de ce qui s’annonce comme plus qu’un cocktail molotov cinématographique. Réalisé par Koji Wakamatsu (ancien proche collaborateur de Nagisa Oshima et ex-yakuza et taulard), United red army explore en 3h10 le doc politique, l’horror movie et le film d’action.
Mouvement de l’extrême gauche révolutionnaire japonais, l’united red army va prendre les armes dans un monde en pleine ébullition politique et sociale. Après des braquages pour se constituer un trésor de guerre et une armurerie, elle passera par une sorte de dérive sectaire avec des séances d’autocritiques qui n’ont rien à envier à des scènes de torture. Et elle exécutera une partie de ses membres accusés de tiédeur comme auraient pu dire Robespierre et Saint-Just.
Ses derniers combattants résisteront plusieurs jours à l’assaut des forces de l’ordre lors d’un long assaut. Et au final, l’hypothése terroriste n’aura rien changé dans un pays au passé fasciste et à la culture oppressive d’un conformisme codifié.
En début de crise, on avait retouvé nos vieux classiques. Les Civils avec La crise c’est fantastique, puis Kent et son Partout c’est la merde en fait. Mais il est temps de renouveler la playlist non ? Et justement je tombe sur La France brûle de Marijane Miracle, un duo qui se présente lui même comme électro-déjanté. Musiciens, auteurs-compositeurs, Marie-Anne et Franck Sininstra sont aussi activistes vidéos et réalisent des clips qui accompagnent leurs sets live. On peut en visionner quelques-uns sur leur site (un endroit qui se visite).
Leur titre quelque peu prémonitoire est sur leur premier album. On y trouve aussi des morceaux comme La vie est dure, Le Temps des épidémies ou Je n’irai pas travailler. Joli programme décalé avec des textes à l’humour incisif qui m’évoquent, à tort ou à raison, une lignée Brigitte Fontaine sur fond d’electro qui, si elle peut faire danser, n’en est pas moins tranchante.
Rattrappons notre – oui mon – retard. Ils ont aussi un blog qui annonce l’arrivée d’un nouvel opus pour mai. Intitulé La fin du monde, le duo le présente comme “beaucoup plus groovy que le premier” “Il tient autant de la nouvelle chanson française que du warm up électro. Plus léger, plus absurde mais toujours aussi délicatement corrosif !”
Se retrouver pour partager des fichiers afin de célébrer les vertus du téléchargement et de l’échange culturel, voilà une idée qu’elle est bonne. Et c’est pour aujourd’hui avec ce Download Day, à Lyon donc mais aussi à Marseille, Toulouse et Paris bien sûr. Alors : “Copiez (votre trouvaille faite sur le peer to peer) sur un CD, une clé USB, une carte SD, qu’importe ! Et venez la partager avec tous ceux qui aiment vraiment les artistes et la culture”.
Lundi reprend l’examen par l’Assemblée nationale du projet de loi frappé du sceau de l’infâmie “Création et Internet”, ou Hadopi (Wikipédia est ton ami et résume parfaitement les enjeux du texte), de la ministre Alabanulle rédigé sous la dictée de son Nègre. Et on peut parier que le pouvoir va s’accrocher à toutes forces à son erreur.
Il accumule pourtant les déboires. Bon d’accord, à la demande générale, quelques uns des plus récents, comme ça juste pour se marrer.
- D’abord la claque européenne. Les députés communautaires ont adopté un texte sans ambiguité qui dit que “garantir l’accès de tous les citoyens à internet équivaut à garantir l’accès de tous les citoyens à l’éducation”. Allez, tu repasses quand tu veux, Christine.
- Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls et une belle brochette d’acteurs s’est pronncée contre l’Hadopi : http://www.temps-reels.net/article1850.html Bon tu sors Albanunuche ?
En vrac, ils disent non et expliquent la connerie du bidule : une loi “absurde et liberticide” sur Acrimed, “Hadopi est une bêtise” pour Xavier Niel (patron de Free) et même Google y est opposé explique Numerama. D’ailleurs on voit bien que derrière c’est un monde façon “Matrix qui se profile”.
Même Jacques Attali, ancien sherpa du mitterrandisme converti à tout et son contraire, se faisant chantre du libéralisme au service des puissants, individu que je n’apprécie pas particulièrement (ah bon ?) par ailleurs, s’avère très sévère sur le projet gouvernemental. Et vu qu’il rallie et illustre ce que je pense, pourquoi se priver de l’écouter (sur iPolTV)
T’es encore là toi ? Allez ouste maintenant Albanaze.
- Techniquement, “on” (les spécialistes s’entend) les avait prévenus, c’est du n’importe quoi. Même le très officiel Conseil général des Technologies et de l’Information en est d’accord, relève la Quadrature du net (les quatre gus dans leur garage vous savez). D’ailleurs déjà les moyens de contournement apparaissent via proxy, le développement de solutions de remplacement du P2P par le F2F (avec OneSwarm par exemple), et autres solutions VPN comme IPREDATOR que s’apprête à lancer The Pirate Bay qui garantira l’anonymat (un service payant qui a des airs de licence globale… sans les retombées qu’elle aurait généré). Tends l’autre joue Christine…
On notera au passage que l’identification via IP a bel et bien été retoquée par la Justice, malgré les approximations et mensonges de la ministre lors de la première partie des débats devant le Parlement.
- Reste bien sûr que le travail des artistes doit être rémunéré. Des tas de solutions existent comme les expérimentations de Radiohead ou Nine Inch Nails l’ont démontré. Et les rélexions pointues ne manquent pas comme celle du musicien Philippe Axel qui relève la nécessité de ne pas vouloir nous faire prendre des intérêts industriels pour de la sauvegarde artistique et une nécessité pour la diffusion des oeuvres. Par contre pour certains intermédiaires ça sent la fin. Encore que. Après un rapport néerlandais qui démontrait les effets positifs du “piratage” sur l’économie, il est apparu lors du récent festival d’Austin “South by south west” que le téléchargement (“illégal” car n’oublions pas que le légal existe) peut bénéficier… aux ventes de DVD. Quelqu’un a-t-il vu où est partie Albanone ?
Pour la peine je m’étendrai à peine sur la feuille de chou du sarkozisme et ex journal de référence qui – sur demande duquel de ses puissants commanditaires ? – nous a gratifié d’un glissement particulièrement pitoyable de téléchargement à piraterie, de pirate à voyou et de voyou à terroriste, un faux pas du Monde mis en pièce par ReadWriteWeb.
Mieux vaut saluer l’initiative de Jamendo. La platerforme de téléchargement de musique libre (un demi-million de membres et environ 19 000 albums téléchargeables gratuitement et légalement) propose un “remerciement gradué” qui prend le contrepied d’Hadopi et peut permettre aux meilleurs partageurs de gagner un mois de remboursement de leur abonnement internet.
On ne saurait enfin finir sans un poème que même France Inter a salué. Il est l’oeuvre d’un des pionniers des blogs en France (au temps récent où quand mon ordi buggait je beuglait et appelait aussitôt la maintenance au bord de la crise de nerfs), Vinvin qui développe désormais aux USA son concept Hellotipi de création de site familial privé.
“L’occasion était belle de prendre de l’avance,
De changer la matrice, d’oublier les rancoeurs,
De dessiner ensemble un chemin pour la France,
Partager la culture, lui trouver une valeur”,
écrit-il notamment dans un texte “Hadopi soit qui mal y pense” que l’on peut lire (gratuitement donc ) ici et entendre-voir là.
[MàJ : Malgré l'opposition de l'Europe, la France (ses dirigeants) "est convaincue qu'Hadopi n'a rien à craindre de Bruxelles", estimait samedi 28 mars le site ElectronLibre. Il détaillait la course contre la montre dans laquelle se sont engagés les sarko-sbires et la manière dont ils entndent utiliser la complexité des institutions européennes...]
Voilà un blog qui commence à buzzer et qui le mérite bien. Même LCI lui a consacré un sujet. Le principe est simple : à travers des versions étrangères, généralement en italien, de films ou séries, les sous-titres réinventés viennent nous raconter une toute autre histoire. Du coup l’image et le texte tournent en dérision l’actu poltique de l’hexagone et ses dirigeants discrédités sur la base d’une petite coupure de . De Sarko à DSK, en passant par Aubry, Dray ou le traitre Besson; tous ont droit à leur quart d’heure de célébrité. L’occasion de réviser ses classiques ciné et de se marrer donc sur “L’actualité en VO sous-titrée”.
Ce samedi, il nous offre de revoir une scène culte d’Apocalypse Now détournée version paranoïa présidentielle (que j’évoque par ailleurs) du nain élyséen qui déplace 700 flics pour visiter une commune de 1600 habitants (sans parler de sa visite au salon de l’Agriculture)
Cela devait arriver. Il y a ce qu’il y a eu. Il y a ce qu’il reste à dire, à chanter, à crier, à lutter. Maintenant, surtout maintenant, c’est le moment.