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Mieux qu’un médicament générique, le générique tout court. Enfin plus de cinq minutes quand même. Watchmen réalisé par Zack Snyder fait du bruit : certains crient bravo, d’autres hurlent à la trahison. Et à la récupération.

Créateur du graphic novel dont est tiré le film, Alan Moore a anticipé le débat depuis un sacré moment. L’inventeur (avec le dessinateur David Gibbons qui a accepté, lui , de figurer au générique du film) de cet univers dark de super-héros pas si supers ne veut plus entendre parler de sa créature. Et surtout il doute depuis le départ de la capacité de la machine hollywoodienne à rendre compte de la complexité d’un récit qui ne correspond pas vraiment à ses critères de remplissage du tiroir-caisse. Bref, la tendance à la recup’ des sous-cultures pop et underground avec la mode de la geekitude agace le barbu visionnaire qui réfute toute réintégration des modes marginaux dans le système dominant.

Cela dit le filtre angelinos n’a jamais empêché totalement toutes les déviances de pointer malgré ses codes et contraintes. Reste que le pari de s’attaquer à une telle somme était à haut risque. Du coup Snyder se voit reproché par les uns d’être resté trop fidèle à la BD et à son découpage et par les autres d’en avoir trahi l’esprit et même la lettre.

Bizarrement, tout le monde s’accorde à dire que l’entame est remarquable et que le générique d’ouverture est l’un des grands moments de la pelloche. Suffit-elle ou donne-t-elle envie de voir le reste ? A voir :

Gérard Lauzier est mort samedi 6 décembre. Il avait 76 ans, ce qui m’a un peu mis sur le cul soit en passant.

lauzierJe vais pas la jouer spécialiste de la bande dessinée. J’y connais pas grand-chose. Je pourrais quand même aligner quelques noms cultes et lister des personnages marquants. Ni plus, ni moins. Mais Lauzier a marqué un tournant dans mon approche du genre. Le passage de Tintin (avant d’y revenir) et Gaston à Manara ?

Je sais plus trop comment je l’ai découvert ce mec-là. Un article ? Un après-midi de courses familiales en grande surface où je laissais la troupe à ses achats pour m’installer au rayon livres ? Quelle chierie ces problèmes de mémoire sélective. En tout cas c’était pas avant 1978. Peut être un peu plus tard avant l’adaptation – pas terrible – au cinoche avec Clavier (oui, celui auquel vous pensez).

Raison simple pour cette date : j’ai commencé par la Course du rat. On ne sait jamais dans quelle mesure le crayon traça la ligne mais cette histoire de cadre sup de la pub bien tocard qui se la joue bling-bling en voulant se la péter dans les milieux hype qui  le prennent pour un con m’instruisit sur la voie vers laquelle je ne voulais pas aller. Le seul personnage supportable de l’histoire était d’ailleurs celui d’un “parasite” rockisant vivant aux crochets des parvenus soucieux de se faire accepter pour ce qu’ils ne seront pas et de nantis qui se la jouent cool et bohème. Dire que ça date de la fin des seventies… et qu’un léger toilettage offrirait une bonne grille d’analyse contemporaine.

Je tombai ensuite dans ses Tranches de vie. Le bonhomme riait avec méchanceté du milieu qu’il fréquentait sans doute entre pseudo libération sexuelle, féminisme casse-couilles et engagement politique à deux balles. Portraits en série au vitriol. Il y eut aussi La Tête dans le sac, l’histoire d’un quinqua qui ne se l’avoue pas et qui s’accroche aux gamines faute d’avoir encore quelque chose en quoi croire. lauzier_tetedanslesac_01

Au ciné, si on met de côté le scénar de l’hilarant Psy de Philippe de Broca avec un Patrick Dewaere bien allumé, Lauzier dériva vite vers le boulevardier. Son T’empêche tout le monde de dormir avec Daniel Auteuil pré reconnaissance critique pouvait encore passer. Quoique. Mais je décrochai lorsqu’il nous fourgua sa comédie vacancière Mon père ce héros.

La veine caustique resta ma préférée et si on peut faire l’impasse sur le cinéaste, les BD sont quand même  à revisiter pour les mangeurs de sushis, adeptes de produits bios, trieurs sélectifs mais aussi les cadres à langues pendantes aux allures de lévriers attirés par un leurre.

RIP

Rock Dreams. In the sky désormais. Guy Peellaert est mort lundi d’un cancer. Il avait 74 ans. Pas fastoche d’expliquer comment ce Belge, graphiste, peintre et photographe, sut imposer une iconographie totalement rock. Pourtant il y eut quelque chose qui relevait de l’évidence.

Pour tout dire je ne me souviens plus très bien (aurais-je la mémoire qui flanche ?) si je vis ces premières planches dans Rock&Folk au début des eighties – un siège arrière de limousine occupé par des Stones aux activités stoniennes – ou si la pochette du Diamond Dogs de Bowie précéda :

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En tout cas, c’était évident. Ce mec s’appropriait, en même temps qu’il en inventait de nouveaux contours, toute la mythologie rock’n rollesque. Allant en chercher aussi les racines dans le film noir, les comics… Je ne sait d’ailleurs pourquoi mais, alors que le résultat est sensiblement différent, je l’ai toujours rapproché de la vision d’un Edward Hopper. Si un spécialiste passe par ces lignes et a une explication à ce fil ténu que j’ai toujours tenu, je suis preneur.

Pour en revenir à Peellaert, plus encore ou autrement que des bédéistes comme Chaland et Clerc qui apportèrent leur pierre visuelle, il traça les lignes entre son et imagerie pop. Dès les 60’s avec une esthétique pop art et puis sous influence du mouvement psychédélique (et de ses substances ?) comme ici dans un court adapté de sa bande dessinée Pravda la Survireuse

Et il va se révéler un touche-à-tout des contre-cultures en participant au film Jeu de Massacre

Mais c’est avec la sortie de Rock Dreams en 1974 qu’il marque plus qu’une époque puisque l’ouvrage sera réédité et de nombreuses planches utilisées dans les magazines du monde entier.

rock-dreamsAvec les textes de Nik Cohn, ils prêchent au passage une bonne parole de la rock-critic où la fiction vient donner son sens à la réalité; un journalisme gonzo qui prend parfois des libertés dans ce qu’il montre pour mieux traduire ce qu’est la rock life. Au hasard me revient en mémoire le tableau d’une Tina Turner bigger than life dans la provoc peinte en coulisses avec à l’arrière-plan Ike en maquereau qui surveille sa pouliche.

Ce coup de maitre ne sera pas sans lendemain. Et Guy Peellaert exercera ses talents aussi bien dans les affiches de cinoche, les pochettes d’albums ou encore un bouquin consacré aux figures de l’Amérique.

On se souvient aussi (si on s’en souvient pas pour cause de “j’étais pas né à cette époque”, ça a été rediffusé au printemps sur France 4 et c’est dispo en DVD) de la recomposition qu’il réalisa pour le générique de la meilleure émission de ciné de tous les temps, Cinéma Cinémas, pour laquelle il traduisit en tableaux portant sa patte quelques scènes cultes de l’histoire du 7e art.

Il était encore à l’oeuvre récemment en tant que photographe suivant le groupe dEUS en studio

Et on peut retrouver son travail sur son site : http://www.guypeellaert.com/

RIP

- E-motion dans l’elevator en “Très court”

- Pause repas de 30 minutes ? En voila déjà 24 parfaites…

- Quelques liens qui vont bien :

Quand le français “officiel” c’est du Toubon le rire n’est jamais loin (2e partie du texte).

Deux bonnes raisons de priver sa copine de café : elle sera moins énervée et y mettra plus du sein (sans faute de frappe) :)

A NE PAS LOUPER, un webzine pour amateurs de bandes dessinées poussé à sa Puissance Maximum (N.2)

Enfin, une journaliste de Paris-Match interviewe un interphone mais c’est celui d’Amy Winehouse :

Question subsidiaire : film des années 80 en noir et blanc avec une longue scène d’un beau (pour l’époque) dialogue amoureux via un interphone ?