Encore une un peu facile Mais ce clip « Paradise Circus » (video et lyrics Heligoland 2010) est tout simplement sublime. C’est pas toujours ma came, mais là… Juste à se laisser emporter en sons et images…
Inconnus au bataillon jusqu’à hier, les voilà qui tournent en boucle depuis. Tombé sur ce Motorbike je ne sais plus comment, j’ai bien tenté de les googliser. Sans trouver grand chose à se mettre sous la dent. Juste assez pour corroborer la première impression laissée dans ce clip bien cheap par une guitare fuzz façon psyché, une rythmique caverneuse, lancinante, répétitive et une voix spectrale qui évoque Alan Vega.
Rock-trance et influences garage estampillées post Sky Saxon pour ce quatuor de San Francisco composé deOmar Ahsanuddin (batterie), Dusty Jermier (basse), Nash Whalen (orgue), et Ripley Johnson (guitare et chant). Au compteur : trois LP depuis 2007, dont le dernier, Dos, l’an dernier, produits et distribués par le label indé Holymountain; et un à venir le 30 mars, qui comportera des reprises du Vampire Blues de Neil Young et du Contact de Serge Gainsbourg.
Wooden Shjips, avec le look improbable de membres semblant sortir d’un acid test rétro, a sa page sur MySpace (ici) et son propre site (là). Comme pour leurs cousins de revival (Black Angels, Asteroid#4…), leurs morceaux en mode psychédélique revisité sont addictifs comme un champignon hallucinogène surdosé. Quand on y a goûté, on a une fâcheuse tendance à y revenir.
Extrait du précédent album, le deuxième et donc (?) baptisé Volume 1, le clip de Dance, California :
[Edit : Ca doit s'appeler avoir de la suite dans les idées. J'avais découvert, apprécié et commenté ce Motorbike sur le blog Pomme de Pin il y a quelque temps. Et dû garder la vidéo dans un coin ]
Les Cramps, ça m’est revenu la nuit dernière. Par digression en quelque sorte en linkant une video live du Gun Club, les deux groupes ayant partagé en plus d’inspirations communes le même guitariste, Kid Congo (Powers), sans compter que Jeffrey Lee Pierce, chanteur des seconds écrivit un « For the Love of Ivy« , pour la guitariste des premiers. Guitariste et femme de Lux Interior.
Le chanteur des Cramps est mort il y a un an, le 4 février 2009 à l’âge de 63 ans au Memorial Hospital de Glendale en Californie. Ca m’avait un peu laissé sur le cul. Et comme je me suis dit que ton 20 Heures ou ton quotidien favoris n’auraient sûrement pas l’idée de faire une brève, j’ai commencé à fouiner parmi les vidéos stockées en favoris sur Youtube et ailleurs. Autant dire que ça a pris des plombes parce qu’une fois lancé… Et qu’au final j’ai renoncé à tout choix logique (je te laisse fouiner et te faire plaisir ).
S’il existait un truc récompensant le best performer ever, Lux Interior ne serait en tout cas pas dans le jury. Wild thing en cuir et vinyle, il pourrait prétendre à ouvrir le bal de la du frontman le plus outlaw – pour celle formatée par maître de ballet interposé je laisse chacun se démerder. Sur le papier, en plus d’en être le chanteur, il était le leader des Cramps. Ou du moins le co-fondateur. On connaît l’histoire : ce type trop freak pour des années hippies qui n’en manquèrent pourtant pas prend en stop une gamine de 19 ans sur une route de Californie en 1972: Kristy Marlana Wallace qui va devenir Poison Ivy (Rorschach).
Quelques aléas plus tard, en 1975 le couple s’installe à New York (vas, lis et reviens). Lux bosse dans une boutique de disques avec un sérieux allumé qui deviendra Bryan Gregory, deuxième guitariste d’un groupe sans bassiste, et qui en attendant pique les fringues et les chaussures de Ivy pour se balader avec. Un vrai cintré à la mèche blonde que l’on voit dans le concert à l’hôpital psy de NAPA (ici donc, tu suis ou pas ?) et dont la légende (et peut être plus) dit qu’il y fit quelques séjours avant d’être perdu pour le groupe puis pour le rock’n'roll, avant de mourir à 46 ans en 2001. Il fut remplacé par Kid Congo à la deuxième guitare avant que le combo décide d’avoir recours à une bassiste (enfin trois) au look de vamps gothiques. Et on ne saurait oublier Nick Knox, batteur durant 12 ans (1978-1990) aux mains gantées de noir et à la frappe lourde et métronomique parfaite pour le jungle (Diddley) beat auquel se référaient souvent les Cramps.
Comment les ai-je découverts ? Je n’arrive plus à rétablir la chronologie entre une cassette chez mon pote Silber et un article de Garnier dans Rock&Folk. Par contre je me souviens pas mal du contenu de ce dernier dans lequel l’un de rares journalistes français en exercice (oui: les autres travaillent pour des entreprises de presse, nuance) rendait visite à ses voisins à LA. On y découvrait ainsi la collection de vinyles sans cesse en inflation de Lux et Ivy – qui gagna de pièce en pièce avec les années parait-il -, pleine de pépites arrachées à l’oubli du rock le plus sauvage et garage de l’Amérique. Garbageman. Et beaucoup plus de goût, de complexité, d’ambiguité et de raffinement qu’une approche trop abrupte du couple aurait pu laisser supposer.
Lux Interior sur scène ? Là je revois plus clairement le premier concert vu. Lyon : hiver 83-84; je me souviens de la saison à cause du long manteau gris et des clarks que je portais ce jour-là. Et je passerai sur les substances du moment. Je revois mais de là à pouvoir raconter un set paroxytique… Comme ça : Lux et ses trois bouteilles de vin, Lux sur les amplis, Lux dans la fosse, Lux par terre, debout, partout, Lux gobant le micro, Lux qui ne s’aperçoit pas que c’est fini et continue de hurler au sol… Et LE son, guitares et vaudou rythm pour un truc qui ressemble à la pure violence originelle du rock. Mazette.
D’ailleurs ça ne se raconte pas et, après le Psychotic Reaction ci-dessus (reprise de The Count Five et du plus grand morceau de l’histoire du rock selon Lester Bangs) et Green Fuzz 1981 à New York,une fin de concert en slip et talons (Tear it up) pour que ceux qui ne savent pas puissent se faire une idée de ce que c’était et restera.
The Mudd Club, New York 1981 : Poison Ivy, Lux Interior, Kid Congo Powers, Nick Knox
Amsterdam 1990 (comme la première) : Poison Ivy, Lux Interior, Candy Del Mar, Nick Knox
Les Dogs, « Dreadful times »live à Des mots de minuit (France 2) en 2001. Un an plus tard leur leader, Dominique Laboubée mourait d’un cancer lors d’une tournée aux USA. Point final d’une aventure de presque 20 ans.
Une aventure d’un rock français pur et dur, garage et élégant, débutée – officiellement- en 1973 (wikipedia comme d’hab’) à Rouen. Le titre d’un de leurs albums peut résumer le truc : Too much class for the neighbourhood (1982). C’est lors de la tournée accompagnant le suivant, Legendary Lovers, qui s’ouvrait par un Little Johnny Jet de feu, l’année d’après, que je les vis live. Palais d’Hiver ou West Side, j’ai un peu la mémoire qui flanche, j’avoue, mais dans mon souvenir c’était justement ça : classieux, power… et pas assez mainstream bien sûr – avec des lyrics en anglais en plus -, pour des charts déjà bien livrés à la soupe des majors. Concert qu’ils débutèrent par la phrase qui sert de titre à ce billet sur laquelle ils posaient le premier riff de la nuit.
Juste pour dire, je les classe, comme quelques autres, dans la catégorie plus grand groupe de rock français du monde. Genre. Pour l’anecdote et dans la série raconte pas ta vie, j’étais au lycée, et j’ai traîné un peu dans le mêmes plans dans notre ville natale commune, avec le guitariste que l’on voit dans cette vidéo, qui fut le dernier des différents line-up du groupe: Laurent Ciron. Mais c’est la personnalité et la classe de Laboubée qui firent des Dogs ce qu’ils furent. Pour certains auxquels je me fais une gloire d’appartenir.
Quand était-ce déjà ? Et comment s’appelait-elle donc ? Solde sur négatif des plaques sensibles de la mémoire. Un peu de craie sur l’ardoise au hasard de quelques allées et venues en sautant les murs de cimetières virtuels ou mentaux. Sans préférence, ni ordre. De rien, c’est cadeau…
C’est aujourd’hui que sort « Gainsbourg (vie héroïque) », le biopic de Joann Sfar. Quelques critiques lues de ci de là n’ont pas l’air mauvaises mais j’ai aussi eu quelques échos moins laudateurs. Difficile de se faire une idée. D’autant que Gainsbarre on a un peu chacun le sien et que, réelle ou imaginaire, son histoire on se l’est un peu racontée tout seul. Jamais facile en plus de parler de quelqu’un d’aussi marquant et que l’on admire.
C’est d’ailleurs pour ça que je ne m’y risquerai pas. A quoi serviraient des formules creuses sur son talent ou des analyses tarabiscotées sur son oeuvre ? Ce qui est sur c’est que l’on risque de bouffer du Gainsbourg à pas mal de sauces pendant quelques temps. Témoins plus ou moins légitimes, discours convenus seront (sont) de la partie mais c’est aussi l’occasion de se replonger dans une petite cure du bonhomme, pour peu qu’on l’ait un temps délaissé.
Donc let’s go pour un Gainsbourg day (alors que se profilent un « protestation day » et un « No sarkozy day« , petit rappel en passant) qui pourrait durer bien plus d’une journée Par hasard et pas rasé, je suis retombé sur ce petit film d’Yves Lefebvre sur la génèse et l’enregistrement à Londres d’Initials BB en 1968. Histoire (en deux parties) d’une chanson qui a son histoire.